Le duo Thomas ENHCO et Vassilena SERAFIMOVA récompensés Concours international de musique de chambre d'Osaka !

Depuis 9 ans, ils conjuguent leur fougue et leur talent pour créer ensemble une musique unique, généreuse et audacieuse, qui leur ressemble et nous emporte. La virtuose du marimba, Vassilena SERAFIMOVA, et le jeune prodige du piano jazz, Thomas ENHCO, forment un duo de haut vol, qui jongle avec brio entre classique et jazz, improvisation et musique traditionnelle bulgare. Ensemble, ils viennent de sortir leur premier disque chez Deutsche Grammophon, salué par la critique, où ils jouent Bach, Fauré, Mozart, Saint-Saëns mais aussi des compositions personnelles et une œuvre que Patrick Zimmerli a écrite spécialement pour eux. C’est au sein des Concerts de Poche que leur duo a vu le jour, en 2008. Depuis, ils écument les scènes du monde entier, de Paris à New York en passant par les petits villages des campagnes françaises. Rencontre.


Photo : Sébastien VINCENT

Comment avez-vous eu l’idée de marier vos deux instruments, que l’on a peu l’habitude de voir ensemble sur scène ?

Thomas ENHCO : « Un jour Gisèle MAGNAN, la fondatrice des Concerts de Poche, qui est aussi ma prof de piano, m’a appelé et m’a dit : J’ai découvert une percussionniste bulgare complètement géniale, elle joue du marimba divinement. J’aimerais que vous fassiez un concert ensemble, ça va être fantastique. Je lui ai répondu : Mais je suis pianiste jazz, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ensemble ? Et Gisèle m’a lâché : Oh, j’en sais rien, vous allez trouver ! C’est comme ça que ça a démarré…»

Vassilena SERAFIMOVA : « C’était complètement inattendu, un vrai challenge. Gisèle, qui nous connaissait humainement et artistiquement, a eu l’intuition que nos caractères, nos univers et notre énergie allaient donner quelque chose d’intéressant. »

Ensuite, comment avez-vous construit votre duo ?

Vassilena SERAFIMOVA : « On ne s’est pas dit d’emblée qu’on allait constituer un duo. Cela s’est fait naturellement, en travaillant ensemble. On sentait qu’on partageait une même énergie créatrice, on voulait expérimenter ensemble et trouver notre propre langage. »

Thomas ENHCO : « Le piano et le marimba sont deux instruments polyphoniques, qui ont un rôle harmonique. Ils sont à la fois l’orchestre et le chanteur. Et puis, ils sont très percussifs, ils ont aussi un rôle rythmique important. Nous avons essayé beaucoup de choses, sans aucun complexe ni aucune limite. On a cherché des textures, des ambiances, des sonorités, des couleurs, on a joué avec les matières… jusqu’à ce qu’on trouve notre identité musicale. Les Concerts de Poche nous ont beaucoup encouragés à cela.»

Selon vous, qu’apportent Les Concerts de Poche au monde de la musique ?

Vassilena SERAFIMOVA : « Les Concerts de Poche, c’est une fabrique de création. Ils suscitent des rencontres improbables entre les musiciens et permettent des expériences artistiques incroyables. En plus de notre duo, Thomas a joué avec Jean-François ZYGEL et Michel DALBERTO, moi avec Jonathan FOURNEL et bientôt avec le Quatuor HERMÈS… Et puis, les concerts sont des moments uniques, où l’on rencontre des gens qui n’ont habituellement pas la chance d’avoir accès à la musique, mais qui ont été préparés au concert par l’association. Il y a beaucoup d’intensité. »

Vous animez de nombreux ateliers en amont des concerts. Quelles expériences en tirez-vous ?

Thomas ENHCO : « C’est génial de voir les enfants écarquiller les yeux devant nos instruments, qu’ils n’avaient jamais vu avant. Ils découvrent un nouvel horizon, on crée un lien avec eux. Et ensuite ils viennent au concert avec leurs parents, leurs frères et sœurs… Ils partagent avec eux de nouvelles émotions. »

Vassilena SERAFIMOVA : « Et puis, c’est une remise à plat de notre ego. Il faut savoir tenir leur attention, les emmener dans notre univers, qui est souvent très loin du leur. »

Thomas ENHCO : « En fait, ça nous pousse à trouver l’essence de notre musique et à la transmettre. »

Entretien réalisé le 31 mai 2016.

Leur premier album, Funambules, est paru le 8 avril 2016 chez Deutsche Grammophon.
Découvrez un extrait : Mozart K.448 : Sonate pour deux pianos en Ré Majeur, Allegro con spirito